Écosystème & Nature

Comment retrouver sa vraie nature

Fabienne Le Henaff·
Personne de dos contemplant un vaste paysage de montagne au soleil couchant

Il existe un moment, souvent vers le milieu de la vie, où une étrange sensation s'installe. Tout va plutôt bien, en apparence. Et pourtant, une voix discrète murmure que quelque chose ne colle pas. Que nous vivons à côté de nous-mêmes, dans une vie qui nous ressemble de moins en moins.

Cette sensation n'est pas une faiblesse. C'est un appel. L'appel de ce que nous sommes vraiment, sous les couches de ce que nous avons appris à être pour nous adapter, pour plaire, pour avancer.

Retrouver sa vraie nature, c'est répondre à cet appel. Ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre, c'est revenir à soi. Je vous propose d'explorer ensemble ce qui nous en éloigne, et surtout les chemins qui nous y ramènent.

Ce qui nous éloigne de qui nous sommes

Nous ne naissons pas coupés de nous-mêmes. Un enfant est tout entier dans ce qu'il vit. Il rit pleinement, pleure pleinement, s'émerveille sans calcul. Puis la vie, peu à peu, lui apprend à se contrôler, à se conformer, à correspondre aux attentes.

Ce processus est en partie nécessaire, il nous socialise. Mais il a un coût. À force de nous ajuster à l'extérieur, nous finissons par perdre le contact avec l'intérieur. Trois forces principales nous éloignent ainsi de notre vraie nature.

La première, ce sont les conditionnements. Ces croyances que nous avons absorbées sans les choisir : ce qu'il faut faire pour être aimé, ce qu'il faut réussir pour avoir de la valeur, ce qu'il ne faut surtout pas ressentir.

La deuxième, ce sont les rôles. Le rôle du parent parfait, du professionnel irréprochable, de l'ami toujours disponible. Des rôles utiles, mais qui finissent par nous enfermer quand nous les confondons avec notre identité.

La troisième, ce sont les masques sociaux. Ces visages que nous présentons au monde et qui, à force d'être portés, collent à la peau au point que nous ne savons plus qui se cache derrière.

Ce qui rend ces forces si puissantes, c'est qu'elles agissent dans l'ombre. Personne ne décide consciemment de se trahir. Cela se fait par petites concessions, par habitude, par fidélité à des modèles que nous n'avons jamais vraiment questionnés. Un jour, nous nous réveillons dans une vie qui fonctionne et qui pourtant ne nous appartient plus tout à fait. Le plus déroutant, c'est que de l'extérieur, tout semble en ordre. C'est à l'intérieur que la dissonance se fait entendre, comme une note légèrement fausse dans une mélodie par ailleurs harmonieuse.

Le tournant qui révèle le décalage

Ce décalage reste souvent supportable pendant des années, jusqu'à ce qu'un événement le mette en pleine lumière. Une rupture, un deuil, un épuisement, une épreuve qui nous obligent à nous transformer ou simplement le cap des 40 ans qui rebat les cartes. Soudain, le décor que nous avons construit ne suffit plus à masquer la question essentielle : qui suis-je vraiment, sous tout cela ?

La nature comme miroir de notre nature

Quand nous cherchons à retrouver notre vraie nature, il y a une rencontre qui agit sur nous avec une puissance étonnante : celle de la nature au sens des éléments, des arbres, de la montagne.

Pourquoi cette rencontre nous touche-t-elle autant ? Parce que la nature ne joue aucun rôle. Un torrent ne fait pas semblant. Une montagne ne cherche pas à plaire. Un arbre ne se compare pas à l'arbre voisin. Devant tant d'authenticité, nos propres masques deviennent soudain visibles, presque encombrants.

La nature agit comme un miroir. En sa présence, nous nous souvenons que nous aussi, nous sommes nature. Que nous avons en nous des saisons, des rythmes, des cycles, une part sauvage et une part paisible. Ce n'est pas un hasard si tant de gens sentent qu'ils se retrouvent en marchant dans une forêt ou en contemplant un sommet.

La montagne, en particulier, exerce un effet singulier. Sa verticalité nous remet à notre juste taille. Devant un sommet, nos préoccupations ne disparaissent pas, mais elles retrouvent leur juste proportion. Ce qui nous semblait écrasant la veille s'allège. La montagne ne résout rien à notre place, et c'est précisément sa grâce : elle nous offre un point de vue assez haut pour que nous puissions enfin nous regarder vivre, avec tendresse et avec lucidité.

J'ai souvent observé combien l'influence des lieux sur nos comportements est puissante. Certains lieux nous figent dans nos rôles. D'autres, et la montagne en fait partie, nous invitent à les déposer. Ils nous offrent un espace assez vaste et assez silencieux pour que la vérité de qui nous sommes puisse enfin s'y dire.

Le rôle précieux d'un temps de retrait

On ne retrouve pas sa vraie nature au milieu du bruit et de la course. Il faut un temps de retrait, une parenthèse où l'on s'extrait du flux habituel pour s'écouter à nouveau.

Ce retrait n'est pas une fuite. C'est exactement l'inverse : c'est s'avancer vers soi. En quittant momentanément nos écrans, nos obligations, nos rôles, nous créons le vide nécessaire pour que remonte ce qui était enfoui sous le trop-plein.

Dans ces moments, je vois des personnes traverser plusieurs étapes. D'abord l'agitation, car le silence dérange quand on n'y est plus habitué. Puis le relâchement, quand le corps comprend qu'il peut enfin se poser. Et enfin l'émergence, quand des sensations, des intuitions, des envies oubliées refont surface, presque d'elles-mêmes.

Il faut du temps pour que ces étapes se déploient. C'est pourquoi un vrai temps de retrait ne se mesure pas en heures volées entre deux obligations, mais en jours où l'on s'autorise enfin à ralentir complètement.

Se reconnecter à son énergie vitale

Ce retour à soi a un effet concret et profond : il ranime notre élan de vie. Quand nous vivons coupés de notre vraie nature, nous puisons dans des réserves qui s'épuisent. Quand nous nous y reconnectons, l'énergie revient, plus juste, plus durable. J'ai détaillé ailleurs comment stimuler son énergie vitale face aux épreuves, et ce mouvement commence toujours par ce retour à l'essentiel de soi.

Faire le premier pas vers soi

Retrouver sa vraie nature n'est pas un projet à accomplir, c'est un mouvement à laisser advenir. Il ne s'agit pas d'ajouter encore quelque chose à votre vie déjà pleine, mais d'enlever : enlever les couches, les masques, les rôles qui vous éloignent de votre centre. Faire du vide pour pouvoir se régénérer.

Vous pouvez commencer dès maintenant, par de petits gestes. Une marche sans but, sans téléphone, en laissant simplement la nature vous parler. Un moment de silence chaque jour, juste pour vous écouter. La question, posée le soir : aujourd'hui, ai-je été fidèle à qui je suis ?

Ces gestes paraissent modestes, et c'est leur force. Retrouver sa vraie nature ne réclame pas un grand bouleversement, mais une attention renouvelée, jour après jour, à la petite voix qui sait. Plus vous l'écoutez, plus elle se fait claire. Et peu à peu, sans drame, votre vie se remet doucement à vous ressembler.

Mais il vient parfois un moment où ces petits pas ne suffisent plus, où l'on ressent le besoin d'un temps plus ample et plus profond. C'est précisément ce que j'ai imaginé avec notre séjour de régénération en montagne, dans le cadre apaisant du Chalet Nantailly, au cœur de la région du Mont Blanc. Plusieurs jours pour vous extraire du bruit, vous laisser porter par la beauté des lieux et retrouver, pas à pas, le contact avec votre vraie nature. J'ai d'ailleurs raconté ce que peut offrir un séjour bien-être en montagne pour se régénérer, tant cette expérience transforme en profondeur.

Si cet appel résonne en vous, écoutez-le. Vous pouvez prendre contact pour que nous échangions sur ce qui se joue pour vous en ce moment. Votre vraie nature ne vous a jamais quitté. Elle attend simplement que vous lui fassiez à nouveau de la place.